Mataperreando
Le désir me traverse comme une chaleur brutale,
une poussée sourde qui s’enracine bas,
qui remonte lentement, inexorablement,
jusqu’à me faire perdre l’équilibre intérieur.
Il n’y a plus de pensée claire.
Elles fondent, une à une,
avalées par la lave épaisse qui coule en moi,
lourde, lente, obstinée,
laissant derrière elle un silence brûlé.
L’air devient dense.
Il colle à la peau.
Chaque respiration pèse,
chaque mouvement réveille une zone sensible,
comme si mon corps se souvenait avant moi.
La chaleur s’installe,
sous la peau,
entre les cuisses,
dans le creux du ventre.
Je sens mon corps vivant, trop vivant.
Moite, tendu, offert malgré lui à cette force primitive.
La chambre se referme, rouge et haletante,
comme un cratère intime dont je suis à la fois la terre
et l’éruption.
Sous la fumée, je ne vois plus rien du monde.
Je sens seulement cette envie sourde,
lourde, insistante,
qui pulse au rythme de mon sang,
qui réclame sans parler,
qui brûle sans se consumer.
Il n’y a plus d’horizon.
Il n’y a plus que le corps
et ce feu
qui refuse de s’éteindre.














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